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200 millions de neurones dans le ventre, et aucun n'a appris à se taire

  • Photo du rédacteur: Nathalie FRACHET
    Nathalie FRACHET
  • il y a 3 jours
  • 8 min de lecture

Quand votre cerveau décide que c'est votre ventre qui va gérer le stress…


Vous connaissez cette personne qui, à chaque réunion importante, à chaque conflit, à chaque période de surcharge, file aux toilettes comme si elle avait un abonnement premium ?

Spoiler : ce n'est pas un problème de cantine. C'est du stress.

Et non, ce n'est pas « dans la tête ». Enfin si, justement. C'est EXACTEMENT dans la tête. Mais la tête, elle, a décidé de sous-traiter au ventre. Sans lui demander son avis.


Le stress : un héritage préhistorique… dans un monde de réunions Teams


En 1936, le Dr Hans Selye, endocrinologue à l'Université de Montréal, a décrit pour la première fois le mécanisme du stress sous le nom de «syndrome général d'adaptation». Trois phases : alarme, résistance, épuisement.

En résumé : face à une menace, votre hypothalamus sonne l'alarme générale. Les glandes surrénales libèrent de l'adrénaline (pour fuir ou combattre) puis du cortisol (pour tenir dans la durée). Votre fréquence cardiaque accélère, vos muscles se gorgent de sang et d'oxygène, votre vigilance monte en flèche. Bref, votre corps se prépare à affronter un mammouth.


Le problème ? En 2026, le mammouth s'appelle « deadline de vendredi », « message passif-agressif du collègue » ou « notification de découvert bancaire ». Et votre corps ne fait pas la différence. Il charge. Encore. Et encore.

Quand le stress devient chronique, le cortisol reste en circulation permanente. L'autorégulation hormonale déraille. Des études récentes, citées par l'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité), évoquent un processus épigénétique : le stress chronique modifierait durablement la façon dont l'organisme répond aux situations stressantes ultérieures. En d'autres termes, plus vous stressez, plus votre corps devient « doué » pour… stresser. Merci l'évolution.


Le corps : le traducteur que personne n'a demandé








Le stress chronique ne reste jamais « dans la tête ». Il s'imprime dans le corps. Et pas qu'un peu.









  • Le cœur — La grande étude INTERHEART (Yusuf et al., The Lancet, 2004), menée sur plus de 29 000 personnes dans 52 pays, a identifié le stress psychosocial comme l'un des 9 facteurs de risque majeurs de l'infarctus du myocarde, représentant environ 30 % du risque attribuable. Le stress permanent au travail multiplierait par 2,14 le risque d'infarctus. Oui, votre boss peut littéralement vous briser le cœur.

  • Les muscles et les articulations — Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont associés à une combinaison de facteurs biomécaniques ET psychosociaux. L'INRS le confirme : forte demande psychologique + faibles marges de manœuvre = douleurs chroniques. Vos trapèzes en béton armé ne mentent pas.

  • Le système immunitaire — Sophie Ugolini, directrice de recherche Inserm au Centre d'Immunologie de Marseille-Luminy, a démontré le lien entre stress et baisse des défenses immunitaires via les récepteurs aux hormones du stress. Résultat : en période de stress intense, vous êtes le premier à attraper le rhume du bureau. Chaque. Fois.

  • La peau — Eczéma, psoriasis, zona, acné… Le stress ne se contente pas de vous gâcher la vie : il vous l'écrit sur la figure. Littéralement.

  • Le sommeil — Le cortisol en excès et le système nerveux en hypervigilance permanente perturbent les cycles de sommeil. Et un sommeil non réparateur entretient le stress. Bienvenue dans le cercle le plus vicieux depuis l'invention de l'expression « cercle vicieux ».

  • Et puis il y a le ventre. 



Quand votre cerveau décide que c'est votre ventre qui va gérer le stress…


Vous connaissez cette personne qui, à chaque réunion importante, à chaque conflit, à chaque période de surcharge, file aux toilettes comme si elle avait un abonnement premium ?

Spoiler : ce n'est pas un problème de cantine. C'est du stress.

Et non, ce n'est pas « dans la tête ». Enfin si, justement. C'est EXACTEMENT dans la tête. Mais la tête, elle, a décidé de sous-traiter au ventre. Sans lui demander son avis.





VOTRE INTESTIN : LE DEUXIÈME CERVEAU (QUI N'A PAS DEMANDÉ LA PROMOTION)


On dit souvent « deuxième cerveau » comme si c'était une métaphore poétique. Ce n'en est pas une.

Votre système nerveux entérique (SNE) contient entre 200 et 500 millions de neurones tapissant la paroi intestinale — c'est plus que dans la moelle épinière, et à peu près autant que dans le cortex d'un macaque rhésus (Furness et al., 2014). Ce réseau neuronal est capable de fonctionner de manière totalement autonome, sans instruction du cerveau. Il gère la motricité digestive, les sécrétions enzymatiques, l'absorption des nutriments, l'immunité locale…

Mais il ne travaille pas seul. Il est relié au cerveau par une autoroute majeure : le nerf vague — le nerf le plus étendu de l'organisme. Et surprise : environ 80 à 90 % des signaux transmis par le nerf vague vont DE l'intestin VERS le cerveau, et non l'inverse. Votre ventre parle à votre tête bien plus que votre tête ne lui parle.

Autre chiffre qui donne le vertige : environ 95 % de la sérotonine (le neurotransmetteur du bien-être) et 50 % de la dopamine de votre corps sont produits… dans votre intestin. Pas dans votre cerveau. Dans. Votre. Intestin.

Quand le stress s'installe, c'est tout cet axe cerveau-intestin qui déraille. Le Pr Bruno Bonaz, gastro-entérologue au CHU de Grenoble et chercheur, l'a bien décrit : le SII est un véritable « modèle bio-psycho-social » impliquant des anomalies de la sensibilité viscérale et un dysfonctionnement des relations bidirectionnelles entre le cerveau et le tube digestif (Bonaz, Revue Hegel, 2014).

Une étude conjointe Inserm / Institut Pasteur / CNRS a même démontré que le nerf vague est directement impliqué dans le lien entre dysbiose intestinale (déséquilibre du microbiote) et dépression : chez des souris dont le nerf vague avait été sectionné, le transfert de microbiote « dépressif » n'induisait plus de dépression. La connexion intestin-cerveau était coupée, et la protection était totale.

Moralité : votre ventre ne fait pas que digérer. Il ressent, il communique, il influence votre humeur. Et quand ça va mal là-haut, c'est souvent lui qui trinque en premier.


LA COLOPATHIE FONCTIONNELLE : QUAND L'INTESTIN PREND OFFICIELLEMENT LA PAROLE


Le syndrome de l'intestin irritable (SII), ou colopathie fonctionnelle, touche environ 5 à 10 % de la population mondiale. En France, on estime que plus de 9 millions de personnes souffrent de troubles intestinaux fonctionnels. Ballonnements, douleurs abdominales, transit qui joue aux montagnes russes entre constipation et diarrhée… parfois les deux le même jour, parce que pourquoi choisir ? 🎢

Le diagnostic repose sur les critères de Rome (actuellement Rome IV), en l'absence de pathologie organique identifiable. C'est un point important : les examens sont normaux. L'intestin est sain. Mais il souffre quand même. Parce que le problème n'est pas structural, il est fonctionnel — lié au dialogue perturbé entre cerveau et intestin.

Les études montrent un terrain psychologique récurrent chez les patients atteints de SII : l'anxiété et la dépression toucheraient 50 à 90 % d'entre eux. Et le lien est bidirectionnel : le stress déclenche les symptômes, et les symptômes génèrent du stress. Un cercle vicieux parfaitement rodé qui transforme chaque repas en exercice de haute voltige émotionnelle.

Les traitements médicamenteux classiques ? Souvent décevants, comme le reconnaissent les gastro-entérologues eux-mêmes. C'est d'ailleurs ce constat qui a poussé la recherche vers d'autres approches.


ET L'HYPNOSE DANS TOUT ÇA ? (SPOILER : ÇA MARCHE)


L'hypnothérapie ciblant l'intestin (Gut-Directed Hypnotherapy ou GDH) fait l'objet de recherches depuis près de 40 ans. La première étude majeure a été menée en 1984 par le Pr Peter Whorwell à Manchester (Whorwell et al., The Lancet, 1984), démontrant l'efficacité de l'hypnose chez des patients SII sévères résistant aux traitements classiques.

Depuis, les preuves se sont accumulées :

📊 Méta-analyse du American Journal of Gastroenterology : l'hypnothérapie améliore les symptômes chez 75 % des patients atteints de SII, avec des bénéfices persistant plusieurs mois après la fin de l'accompagnement.

📊 Étude de suivi à long terme (Scandinavian Journal of Gastroenterology, 2012 — Lindfors et al.) : 71 % des patients traités par hypnose montrent une amélioration au traitement initial, et parmi eux, 81 % maintiennent les résultats jusqu'à 5 ans après. Les patients rapportent également moins de consultations médicales et moins de recours aux médicaments.

📊 Étude de 2016 sur 354 patients (essai contrôlé randomisé) : les patients ayant bénéficié de l'hypnose (en séances individuelles OU collectives) montrent une amélioration significativement supérieure au groupe témoin ayant reçu un soutien psychologique classique.

📊 Étude comparative hypnose vs régime FODMAP (Pr Simone Peters, Université Monash, Melbourne, présentée en 2022 à l'American College of Gastroenterology) : sur 78 patients, le soulagement des symptômes est équivalententre hypnose seule (72 %), régime seul (71 %) et combinaison des deux (72 %). L'hypnose fait aussi bien qu'un régime alimentaire strict. Sans la frustration de renoncer au pain.

📊 Rapport de l'INSERM (méta-analyse de 52 essais cliniques, dirigée par le Pr Bruno Falissard) : confirmation de l'efficacité de l'hypnose dans le syndrome du côlon irritable, avec une bonne tolérance et une incidence faible d'effets indésirables.

📊 Chez des patients SII sévères et réfractaires aux traitements classiques, l'APSSII (Association des Patients Souffrant du Syndrome de l'Intestin Irritable) indique un taux de 50 à 60 % de réponse positive à l'hypnothérapie — ce qui en fait l'un des traitements les plus efficaces disponibles pour cette pathologie.

📊 Cerise sur le gâteau : une étude pionnière sur 38 patients a montré que l'hypnose modifie même la composition du microbiote intestinal après 10 séances.


Oui, l'hypnose parle aussi à vos bactéries.

La Fondation ROME (autorité internationale en gastro-entérologie) et la Société Nationale Française de Gastro-Entérologie reconnaissent aujourd'hui l'hypnothérapie dirigée vers l'intestin comme une approche thérapeutique validée pour le SII.


COMMENT ÇA FONCTIONNE CONCRÈTEMENT ?


L'imagerie cérébrale fonctionnelle a permis de mieux comprendre les mécanismes. Pendant l'hypnose, on observe un renforcement de la connectivité entre les centres d'un large réseau cortical et sous-cortical : tronc cérébral, thalamus, insula, aire prémotrice supplémentaire, cortex préfrontal droit (Bonaz, 2014). Cela signifie une modification dans le traitement de l'information sensorielle, émotionnelle, cognitive et comportementale liée à la douleur.


En clair, l'hypnose permet de :

  • Diminuer l'hypervigilance du système nerveux

  • Modifier la perception de la douleur viscérale (l'hypnose est l'un des rares traitements capables de le faire)

  • Rétablir un dialogue apaisé sur l'axe cerveau-intestin

  • Aider le patient à développer des stratégies d'adaptation (coping) plus efficaces face au stress

  • Et redonner à votre ventre son rôle de digesteur plutôt que de commentateur émotionnel en temps réel


LE MOT DE LA KINÉ-HYPNOTHÉRAPEUTE


En plus de 38 ans de pratique soignante, j'ai vu des dos, des épaules, des cervicales… et très souvent, derrière la douleur physique, un stress qui avait élu domicile dans le corps sans prévenir. Aujourd'hui, avec l'hypnose, j'accompagne aussi celles et ceux dont le ventre a décidé de tout prendre personnellement.

En tant que kinésithérapeute, j'ai toujours travaillé avec le corps. L'hypnose me permet simplement d'aller lui parler dans une langue qu'il comprend mieux.



Si votre intestin a plus d'opinions que votre belle-mère un dimanche midi… si votre ventre commente chaque émotion mieux qu'un chroniqueur de plateau télé… il est peut-être temps qu'on en discute.


📍 HypnoSamiens — Sud Espace Santé, 43 Avenue d'Italie Amiens

📞 06 62 50 30 71



Sources scientifiques citées : • Selye H. (1936) — Syndrome général d'adaptation • Yusuf S. et al. (2004) — Étude INTERHEART, The Lancet • Rosengren A. et al. (2004) — Facteurs psychosociaux et infarctus, The Lancet • Bonaz B. (2014) — Intérêt de l'hypnose dans le SII, Revue Hegel • Whorwell PJ et al. (1984) — Hypnose et SII, The Lancet • Lindfors P. et al. (2012) — Effets à long terme, Scand. J. Gastroenterology • Peters S. (2022) — Hypnose vs FODMAP, Am. College of Gastroenterology • Rapport INSERM — Évaluation de l'hypnose (Falissard et al.) • Furness JB et al. (2014) — Système nerveux entérique • Inserm / Institut Pasteur / CNRS — Nerf vague et dépression



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