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La quête de reconnaissance : entre masques sociaux et vérité intérieure

  • Photo du rédacteur: Nathalie FRACHET
    Nathalie FRACHET
  • il y a 23 heures
  • 2 min de lecture


En cabinet, un motif revient sans cesse, sous des formes différentes : je ne me sens pas vu, pas aimé, pas écouté, pas respecté. Derrière cette plainte, un même besoin — celui d’être reconnu.


Un besoin qui nous ramène à l’existence sociale


En analyse transactionnelle, on parle de « stroke » : une unité de reconnaissance, positive ou négative, peu importe, l’essentiel étant qu’elle existe. Ce besoin n’a rien d’anecdotique. Il touche à notre survie en tant qu’être grégaire : être vu par le groupe, c’est ne plus être en danger.

Être, faire, avoir : trois chemins, un seul objectif — obtenir cette reconnaissance qui rassure et qui ancre.


Le piège : répéter ce qui a déjà fonctionné


Le problème n’est pas le besoin en lui-même, mais ce qu’il finit par exiger de nous : répéter indéfiniment les comportements, les discours, les rôles qui nous ont valu de la reconnaissance par le passé. On se fabrique un masque, une persona, qu’on présente au monde parce qu’elle a fait ses preuves.

C’est très visible chez les personnes qui perdent leur emploi ou partent à la retraite. Le pattern de reconnaissance qui structurait leur identité disparaît d’un coup. « J’étais ingénieur, je travaillais dans telle entreprise » — et maintenant, il faut réinventer un récit, une fonction, un nouveau masque à présenter.


L’enfermement dans une fausse permanence




Tout, par nature, est alternant, impermanent. Nous ne sommes jamais constamment la même personne. Mais la quête de reconnaissance nous pousse à figer cette alternance en un simulacre de permanence : je dois rester prévisible, parce que les autres ont besoin de savoir « comment je fonctionne » pour se sentir en sécurité avec moi.

Résultat : on passe une partie de sa vie à jouer un rôle cohérent plutôt qu’à être ce qu’on est réellement, ici et maintenant.






Et « être soi-même », alors ?


La réponse toute faite — « soyez vous-même, tant pis si on ne vous aime pas » — est séduisante sur le papier. Dans les faits, même les personnes les plus authentiques cherchent des groupes ou des stratégies qui valident ce qu’elles sont à un instant T. Le besoin de reconnaissance ne disparaît pas ; il se déplace.

Le plus insidieux, c’est la reconnaissance qu’on exige de soi-même : vouloir coller à une image idéalisée, à un récit qu’on s’est construit — « je suis courageux, je suis généreux » — plutôt qu’accueillir ce que l’on est réellement dans l’instant. Quand on ne correspond plus à ce récit intérieur, le stress apparaît : je ne me reconnais plus.


Une porte de sortie

I

Il ne s’agit pas de trouver une nouvelle reconnaissance de soi par soi, stable et définitive — ce serait reproduire le même mécanisme. Il s’agit plutôt d’accepter de laisser tomber les costumes internes, un à un, pour suivre ce qui s’exprime réellement en soi, à cet instant précis. C’est instable, impermanent, parfois inconfortable. Mais c’est la seule chose qui soit vraie.



Vous vous reconnaissez dans ce mécanisme ? L’hypnothérapie permet justement d’explorer, en douceur, ce qui se joue sous le masque.

Nathalie FRACHET


 
 
 

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